Regroupement familial : le destin éthiopien entre bureaucratie et espoir
Un Éthiopien se bat pour obtenir des visas pour ses enfants du Tigré alors que les obstacles bureaucratiques rendent difficile le regroupement familial.

Regroupement familial : le destin éthiopien entre bureaucratie et espoir
La situation concernant le regroupement familial des réfugiés en Allemagne reste tendue. Un exemple émouvant est l’histoire de Gebre, un Ethiopien qui vit à Brême et qui s’inquiète beaucoup pour ses enfants. Ils ont 17 et 19 ans et vivent dans la région du Tigré en proie à la crise. Bien qu'une guerre civile soit officiellement terminée, des craintes pour la sécurité des jeunes sont signalées de toute urgence, selon taz.de.
Gebre est marié à une Allemande depuis 2018 et possède la nationalité allemande. Il a vécu dix ans en Italie en tant que demandeur d'asile reconnu. En raison d’un handicap grave et de limitations cognitives, sa situation est particulièrement difficile. La famille a contacté taz car le délai d’attente pour les visas pour les enfants était jugé trop long. Toutefois, cela n’est pas rare dans la situation juridique actuelle, caractérisée par des obstacles bureaucratiques.
Des processus sécurisés – un objectif lointain
En janvier 2024, la famille a engagé un avocat pour demander les visas et a reçu des nouvelles positives en octobre. Cependant, la procédure associée était associée à des coûts élevés : l'ambassade allemande a exigé une avance de 729,30 euros pour le traitement, et l'épouse de Gebre a déclaré qu'elle avait investi un total de 1 300 euros par enfant, plus les frais de justice. Gebre s'est rendu en Éthiopie en décembre pour obtenir un passeport, mais lorsque la demande a été envoyée au bureau des migrations de Brême en avril 2024, la famille n'avait pas encore reçu de visa à la mi-juin.
Cependant, l'attente d'un visa pour la famille a des conséquences considérables et montre clairement que le droit humain à fonder une famille en Allemagne ne s'applique pas pleinement aux réfugiés. Selon le BAMF, seules les personnes bénéficiant du statut d'asile ou d'une protection reconnue comme réfugié ont droit au regroupement familial simplifié, la demande devant être soumise au ministère fédéral des Affaires étrangères dans les trois mois suivant l'obtention du statut de protection.
Suspension et alternatives
La situation est particulièrement préoccupante car le regroupement familial des bénéficiaires de la protection subsidiaire est suspendu depuis deux ans depuis le 24 juillet 2023. Cette réglementation touche particulièrement les réfugiés syriens et afghans, ce qui entraîne le désespoir et une insécurité croissante des familles concernées. Quoi qu’il en soit, de nombreuses personnes ont du mal à obtenir un rendez-vous auprès des ambassades compétentes, ce qui rend encore plus difficile la perspective d’un regroupement familial. Comme le rapporte auswaertiges-amt.de, les inscriptions sur la liste d'attente et les candidatures déjà déposées resteront dans l'état actuel de la procédure pendant la suspension, de sorte qu'aucun progrès représentatif ne peut être attendu pendant cette période.
La possibilité de soumettre des demandes pour difficultés demeure, mais celles-ci ne rencontrent souvent pas beaucoup de succès et le chemin vers une décision positive est semé d’embûches. Les personnes touchées peuvent compter sur le soutien de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui propose son aide dans le cadre du programme de soutien aux familles. Les demandes en cas de difficultés doivent être soumises par courrier électronique avant le 26 juillet 2025, en fonction des circonstances de chaque cas.
Au 30 juin 2023, Brême comptait au total 6 060 personnes ayant droit à la protection subsidiaire, dont 81,3 % étaient des ressortissants syriens. La pression sur les institutions s'accroît, d'autant plus que seulement 456 titres de séjour ont été délivrés depuis le 1er janvier 2023 dans le cadre du regroupement familial avec les ayants droit à la protection subsidiaire. Les défis auxquels Gebre et bien d’autres sont confrontés font partie des questions humanitaires urgentes qui restent au centre de l’attention.