Contrôles aux frontières avec la Pologne : le secrétaire d'État de Schwerin appelle à la réflexion !
Le Mecklembourg-Poméranie occidentale s'inquiète des contrôles aux frontières polonaises. Le secrétaire d'État Miraß appelle à ce que les voyageurs et les intérêts régionaux soient pris en compte.

Contrôles aux frontières avec la Pologne : le secrétaire d'État de Schwerin appelle à la réflexion !
Des signes de changement apparaissent en Mecklembourg-Poméranie occidentale : à partir de lundi, la Pologne prévoit d'introduire des contrôles fixes à la frontière avec l'Allemagne. Le secrétaire d'État Heiko Miraß s'est déclaré préoccupé par cette mesure et a souligné la nécessité de prendre en compte les intérêts des populations de la région. Les contrôles aux frontières pourraient poser des problèmes, notamment pour les navetteurs et les voyageurs. C'est pourquoi Miraß a demandé une approche équilibrée entre l'Allemagne et la Pologne. "Nous devons garder à l'esprit les besoins de tous ceux qui traversent régulièrement la frontière", a-t-il déclaré, tout en soulignant les échanges économiques étroits entre le Mecklembourg-Poméranie occidentale et la Pologne, notamment via l'île de vacances populaire d'Usedom. Selon n-tv, la mesure est une réponse à l'augmentation des contrôles aux frontières allemandes effectués depuis octobre 2023 et renforcés en mai.
Pourquoi ces contrôles sont-ils nécessaires ? Les entrées non autorisées en Allemagne ont augmenté ces derniers mois. Rien que de janvier à octobre 2023, la police fédérale a enregistré environ 98 000 entrées de ce type. Ce nombre a plus que doublé par rapport à l’année précédente. Récemment, un nombre croissant de migrants ont été arrêtés, notamment à la frontière avec le Mecklembourg-Poméranie occidentale, dont beaucoup viennent de pays en crise comme la Syrie et l'Iran. La ministre fédérale de l'Intérieur Nancy Faeser souligne que les contrôles doivent être conçus de manière à perturber le moins possible la vie quotidienne des navetteurs et leurs déplacements, ce qui représente un véritable défi compte tenu de l'introduction de contrôles statiques à sept postes frontaliers. Le premier poste de contrôle a été installé au poste frontière de Pomellen, ce qui a déjà entraîné des déviations et d'importantes perturbations de la circulation sur l'A11. Comme le rapporte [ndr](https://www.ndr.de/nachrichten/mecklenburg-vorpommern/kampf-gegen-Schleuser-Ab-sofort-stationaere-kontrollen-an- Grenze-zu-Polen-,binnenkontrollen100.html), cette mesure sera dans un premier temps maintenue jusqu'au 26 octobre 2023.
Réactions du monde politique
La réaction aux contrôles allemands ne manqua pas en Pologne. Le Premier ministre Donald Tusk appelle à une réponse symétrique aux mesures renforcées de l'Allemagne. Alors que l'Allemagne a déclenché une réaction en chaîne avec ses contrôles, la Pologne agit pour répondre à l'augmentation du nombre d'entrées illégales. Dans le même temps, certains mettent en garde contre une « partie de ping-pong » entre les pays dans laquelle les réfugiés pourraient être poussés d’un côté à l’autre. Tusk souligne que la Pologne maintient déjà la frontière avec la Biélorussie fermée à « 98 % ». Ces évolutions modifient le paysage politique et la dynamique de la région frontalière, et les discussions sur le rejet des demandeurs d’asile deviennent de plus en plus bruyantes. Plusieurs pays voisins, dont le Luxembourg et la République tchèque, critiquent les contrôles allemands et exigent un retour aux principes de Schengen, comme le rapporte [sueddeutsche.de](https://www.sueddeutsche.de/politik/ Grenzstreit-deutschland-polen-auseffekten-wiederungen-li.3278317).
Les semaines à venir pourraient être cruciales pour les frontaliers. On s’attend à ce que les nouveaux contrôles aient un impact direct sur la vie quotidienne des frontaliers. Si certains peuvent comprendre la nécessité de ces mesures, nombreux sont ceux qui craignent que les efforts bureaucratiques qui en résultent ne rendent le libre échange et les processus quotidiens beaucoup plus difficiles. Il reste à espérer que l’Allemagne et la Pologne parviendront à coordonner leurs mesures afin de répondre au mieux aux préoccupations des citoyens concernés.