Marche contre la faim à Budapest : un père se bat pour Maja T. depuis l'isolement
Wolfram Jarosch lance une marche de la faim de Dresde à Budapest le 18 juillet 2025 pour protester contre la libération de sa fille.

Marche contre la faim à Budapest : un père se bat pour Maja T. depuis l'isolement
Wolfram Jarosch a participé mardi matin à une marche de protestation de Dresde à Budapest. Sa destination est l'établissement correctionnel où sa fille Maja T. est en isolement cellulaire depuis plus d'un an. Le parcours s'étend sur 800 kilomètres et représente non seulement un défi physique pour Jarosch, mais aussi une scène de douleur personnelle et de protestation sociale. nd-aktuell.de rapporte que sa femme Tanja est à ses côtés sur son vélo pendant qu'il effectue la « marche de la faim », au cours de laquelle il prévoit de consommer chaque jour uniquement du jus de légumes, du bouillon, du lait et environ 30 grammes de miel.
La situation difficile de Maja T.
Maja T. fait souvent la une des journaux, notamment en raison des conditions déprimantes qui règnent dans sa prison. Elle souffrirait d'énormes problèmes d'hygiène allant des cafards, des punaises de lit et de la nourriture avariée. Son état est alarmant puisqu'elle a entamé une grève de la faim en juin qui a duré près de six semaines et qui lui a fait perdre 14 kilos. Depuis son extradition vers la Hongrie par les autorités allemandes en juin 2024, elle est placée à l'isolement et fait face à de graves accusations, notamment son appartenance présumée à une organisation criminelle et des coups et blessures graves. Elle risque jusqu'à 24 ans de prison, même si les preuves de sa culpabilité manquent. deutschlandfunk.de explique que Maja T. s'identifie comme non binaire et est systématiquement harcelée en Hongrie - une situation difficilement acceptable aux yeux de nombreux militants des droits humains.
Dimension politique et protestations
Le cas de Maja T. n'a pas d'écho non seulement en Hongrie, mais aussi en Allemagne. Après la fin de leur grève de la faim, des actions de désobéissance civile ont eu lieu dans plus de deux douzaines de villes. À Berlin, par exemple, le studio de la capitale ZDF a été brièvement bloqué et des banderoles « Free Maja » ont été présentées. A Leipzig, il y avait aussi un squat de solidarité avec les prisonniers. A Kiel, un échafaudage du Parlement du Land a été occupé. Toutes ces actions soulignent la pression publique exercée sur les décideurs politiques. Jarosch reconnaît que l'intérêt du ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul et du ministère des Affaires étrangères pour cette affaire est un signal positif, mais reste sceptique car les conditions de détention de sa fille n'ont pas encore changé.
Aperçu des conditions de détention et de leurs conséquences
Les conditions humanitaires que vit Maja T. en détention en Hongrie sont décrites par de nombreux rapports comme inadéquates et inacceptables. amnistie.de souligne que les prisonniers politiques souffrent souvent dans des conditions catastrophiques. Tout comme en Biélorussie, où de nombreux prisonniers sont durement punis pour leurs convictions politiques, on constate également un manque de procès équitables et de conditions de détention appropriées en Hongrie. Maja a décrit dans une déclaration personnelle qu'elle souffrait de violence psychologique et de privation de contact humain, ce qui a encore aggravé sa situation déjà en crise.
perspectives
La situation reste tendue, avec l'espoir que Wolfram Jarosch attirera l'attention sur les griefs à travers sa marche. Alors que la protestation se poursuit et que les avocats et les hommes politiques en portent la responsabilité, le sort de Maja T. est un exemple clair des défis auxquels sont confrontées de nombreuses personnes actuellement en prison. Il reste à espérer que non seulement les conditions de Maja T. s’amélioreront, mais aussi que les structures politiques qui permettent de telles injustices seront reconsidérées et réformées.